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DE LA VILLE DE PARIS.
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Martin Surgis, Jehan Dumay et plusieurs autres, tous marchans de bois de lad. Ville, qui ont à pre­sent bois es portz d'icelle, en la presence desquelz, nonobstant les remonstrances par eulx faictes sur la revocqualion par eulx requise de l'ordonnance, ce
jour d'huy, faicte sur la vente et pris des marchan­dises de costeretz, fagotz et bourrées, avons ordonné, ce requerant led. Procureur du Roy 'et de lad. Ville, que lad. ordonnance tiendra, et ce pourveoiront lesd, marchans à la Court, si bon leur semble'1'.
DCLXXXVIIL — [Deffences de vendre bourrées à plus hault pris que l'ordonnance.] [Commission de salpestrier de la Ville pour Jehan Ronenffant, le jeune.]
3o décembre i564.(Z'° 63, fol. 212 v°, 2i4 v°.)
Du samedy, xxx0 Decembre mil vc lxiiii.
Sur ce que le Procureur du Roy etde lad. Ville a remonstré que, combien que, ie jour d'hier, il fut ordonné pour bonnes et justes occasions que les denrées de bois, mesmes les bourrées ne seroient vendues que trois solz, six deniers tournois, neant­moings Adan Demoussy, marchant, present à la prononciation de lad. ordonnance, vend, ce jour d'huy, sa marchandise de bourrées à quatre solz tournois, ainsi qu'il a confessé presentement.
Aussy a led. Procureur du Roy remonstré qu'il a presentement veu que au basleau dud. Demoussy, le beaufrere d'icelluy Demoussy et autres ses ser­viteurs exigeoient du pauvre peuple'2', de chascun ung liart pour douzaine de bourrées qu'ilz char­gement sur des crocheteurs ou dans des hottes, au grand interestz et foulle du pauvre peuple qui s'en plaignoit fort au port de Greve, requerant que pour ce il soict condemné en quarente livres parisis d'a­mende, et deffences de icelle marchandise vendre à plus hault pris quc lesd, trois solz, six deniers tournois, sur peine de confisquation d'icelle mar­chandise, et de ne permectre ou souffrir que l'on exigist ou prist aucune chose pour charger led. bois; nous, après que led. Demoussy a confessé avoir
vendu lesd, bourrées au pris de quatre solz tournois la douzaine et n'avoir veu aucune chose de lad. exaction, le avons condemné led. Demoussy en qua­rente solz parisis d'amende ct à luy faict deffences de vendre lesd, bourrées à plus hault pris que lesd, trois solz, six deniers tournois, suivant lad. ordon­nance du jour d'hier et sur les peines y contenues, et neantmoings que led. Demoussy représentera ung nommé Bonadventure et les deux hommes qui ont chargé lesd, bourrées pour luy en son basteau, sur peine de dix livres parisis d'amende et de prison.
ct A tous, etc., Claude Guiot, Prevost des Marchans et les Eschevins de la ville de Paris, salut. Comme le Roy nostred. Seigneur desirant singullierement sa bonne ville et cité de Paris estre bien garnye de ce qu'il luy est necessaire, cn ensuivant l'advis de son Conseil ct par ses lectres patentes, données à Montpellier, Ie huictiesme jour de Janvier mil v° trente sept, signées par Ie Roy : Breton, el scellées sur simple queue de cire jaulne, nous ayt com­mandé, octroyé et donné congé, licence et permis­sion , de son voulloir et plaisir, de, pour et [ou] nom de lad. ville et cité de Paris et corps d'icelle, faire provision, garnison et munition au grenier de cested. Ville jusques au nombre de quatre vingtz
''' Le méme jour, les Prévot des Marchands et Échevins exposèrent au Parlement que, «vu la rigeurdulemps, pour les gellées et froidures, dont est ja advenue grande necessité et criemont sur les boys, et pour y obvier et donner ordre, l'on avoit mis cn l'Hostel de Ville prix et taux raisonnable sur le menu boys-, mais que plusieurs appellations avaient été interjetées, lesquelles pourraient suspendre l'exécution de leurs jugements; eu égard aux circonstances exceptionnelles où l'on se trouvait, la Cour permit à .'Eche­vinage "de passer oultre à l'execution de leurs jugemens donnés et à donner pour la police et prix du menu boys estant tant es bateaux que chantiers, nonobstant oppositions ou appellations quelzconques, durant lesd, gellées et froidures-. (Archives nationales, Parlement de Paris, X" 1611, fol. 180 r°.)
'2) Claude Haton, dans ses Mémoires, t. I, p. 3g6, donne les plus curieux détails sur les cruelles souffrances occasionnées par le rude hiver de l'année 1564; suivant son témoignage, les malheureux dans les villes et villages qui n'avaient pas de bois en étaient réduits à rester au lit, ne se levant qu'une fois en vingt-quatre heures. ctLes pauvres gens de la ville de Paris et aultres qui avoient meilleur moyen, ajoute le chroniqueur, furent contraintz de brusler leur menuiserie, de laquelIe ilz avoient le moings à faire, eomme tonneaux, vieilles couches, meschantz coffres et aultres hardages. Ceux qui n'avoient faict provision de toutes choses, devant l'hiver, et principallement de bois, l'achcpterent des regratiers à grande, cherté; car il ne fut possible de charrier par eaue durant icelles gellées, à cause que par chacun jour les rivieres se glaçoient et butinoient d'une cruelle façon.»
v.                                                                                                                                                                    61
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